FR EN
Cimetières de France >> Actualités >> Inondations : des problèmes jusque dans les cimetières

Inondations : des problèmes jusque dans les cimetières

publié le 01-03-2018 | Actualité juridique

Les caveaux remplis d'eau rendent en effet toute inhumation impossible.

«Notre père n’est pas encore enterré. Depuis plusieurs jours, le caveau tout neuf se remplit d’eau. À deux reprises la mise en terre a été annulée.» Les deux filles du défunt, décédé il y a quelques jours, ne parviennent pas à «faire leur deuil», à «trouver un peu de paix». La faute à la seule parcelle du cimetière de la communee qui peut accueillir des sépultures, mais qui est surtout complètement imbibée d’eau.

Le défunt souhaitait être inhumé chez lui, dans son village natal. Ce retraité est décédé à l’âge de 66 ans, après avoir lutté contre un cancer. Vendredi dernier, à l’issue de la cérémonie, la famille, les proches se sont déplacés au cimetière communal. «La société de pompes funèbres nous a dit qu’on ne pouvait pas le mettre dans le caveau parce qu’il était plein d’eau», souligne une des filles. 

En attendant, le cercueil a été placé dans le caveau communal. Une autre mise en terre était prévue ce mardi. Une nouvelle fois, elle a été reportée. «Le maçon a essayé d’étanchéifier le caveau, en vain. On ne sait pas quand on va pouvoir l’enterrer. Cette attente est douloureuse, incompréhensible. Comment la commune a-t-elle pu nous vendre cette concession en sachant que ce terrain est gorgé d’eau?», se fâche la fille du défunt qui a dit sa colère au maire de la commune, qui s’est déplacé mardi.

«Les textes disent que le fossoyeur doit fournir un caveau étanche. C’est un problème technique», indique le maire qui dit être «démuni». «Oui ce terrain est plein d’eau, mais je n’ai pas de solution miracle. J’ai demandé à ce qu’un drain soit créé en urgence. Et j’ai décidé que désormais si des personnes demandent une concession, on n’autorise seulement des caveaux hors-sol.»

Le maire concède que le cimetière est plein. «On a lancé des procédures d’abandon de concessions, mais on ne pourra libérer celles qui ne sont pas réclamées que dans trois ans. Le conseil a également voté tout récemment l’achat d’un terrain de 750 mètres carrés pour agrandir le cimetière, mais ce sera prêt dans un an et demi, au mieux.» En attendant le défunt n’a pas encore rejoint sa dernière demeure. «Il voulait être enterré pour que maman le rejoigne le moment venu. J’espère que les choses vont s’arranger, que l’on puisse commencer notre deuil», espèrent ses deux filles.

Source : charentelibre.fr