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Les circonstances du décès retardent l'inhumation.

publié le 04-08-2016 | Faits divers

Focus sur ce fait divers qui s'est déroulé à Belfort (90) à l'occasion de l'Euro 2016.

Habitant à Plancher-les-Mines (Haute-Saône), Pierre Curien est décédé après avoir reçu une table sur la tête le jeudi 7 juillet, à Belfort. Le retraité, âgé de 62 ans, était en terrasse place d’Armes, lorsqu’une bagarre qui ne le concernait pas a éclaté derrière lui. Les faits se sont passés près de la fan zone où venait d’être diffusée la demi-finale de l’Euro entre l’Allemagne et la France (notre édition du 9 juillet).

L’auteur présumé de l’homicide a été mis en examen et écroué. L’affaire ne paraît pas poser de difficultés médico-légales. La cause de la mort ne fait pas de doute et la scène a été enregistrée par une caméra de vidéosurveillance.

Deux semaines plus tard, toutefois, le corps de Pierre Curien se trouve toujours à l’Institut médico-légal de Besançon et les habitants de son village ne savent pas quand les obsèques auront lieu.

« J’ai été interrogé, ces derniers jours, par plusieurs de mes administrés mais je n’ai pas de réponse » avance le maire de Plancher-les-Mines, Michel Galmiche. « Mes démarches ont été vaines. Je crains que les relations avec la justice fonctionnent surtout dans un sens : si elle a besoin d’un renseignement, elle sait très vite trouver le maire. Si c’est nous, en revanche, c’est une tout autre histoire… », déclare l’élu qui indique avoir saisi, jeudi, Damien Meslot, le député-maire de Belfort, afin qu’il essaye de se renseigner.

Le maire de Plancher-les-Mines confirme que les obsèques ne posent pas de problème. Claude, l’ami de Pierre Curien, qui était aussi à Belfort le 7 juillet, a multiplié les démarches ces derniers jours. « Le corps est attendu aux pompes funèbres à Ronchamp », explique ce dernier. « Il y a un caveau familial. La banque de Pierre nous a fait savoir qu’il y avait de l’argent sur son compte pour payer les obsèques. Il n’y a aucun obstacle pour l’enterrement. Tout est prêt. On voudrait juste savoir quand le corps sera rendu. Cela fait deux semaines, ce vendredi qu’il est à la morgue. C’est tout de même long… »

Il ne paraît pas y avoir de difficultés liées à l’enquête. L’autopsie a été pratiquée.

A Belfort, la procureure explique que le dossier a été transféré à Montbéliard, où se situe le pôle de l’instruction. Au parquet de Montbéliard, le magistrat de permanence répond que les actes d’enquête ont été réalisés et qu’il n’y a plus lieu de retenir le corps. Ce dernier n’est plus « sous main de justice ». Rien ne s’oppose donc à ce que la famille le fasse chercher à la morgue par les pompes funèbres. Mais, voilà, Pierre Curien n’a plus de famille depuis la mort de son frère et de ses parents. Et la notion d’amis à qui remettre le corps n’existe pas en droit.

A défaut de famille vers qui se tourner, il semble donc que ce soit à l’autorité publique de prendre les choses en mains. On peut penser aux pouvoirs de police des maires de Plancher-les-Mines et de Besançon où se trouve le service médico-légal. La dilution des éléments du dossier entre trois départements et quatre ressorts judiciaires (Belfort, Montbéliard, Besançon et Vesoul) n’arrange cependant rien. Les préfectures du Doubs et de Haute-Saône pourraient sans doute utilement s’en mêler pour que Pierre Curien puisse enfin reposer auprès des siens.

 

Source : estrepublicain.fr.